Le tagalog est la langue la plus parlée aux Philippines et principalement à Manille. Avant de partir, quelques bases sont nécessaires !Minimum vital
Se mettre en ronde (pour un tps d’échange) : bilog (c’est presque blog)
Séjour aux Philippines du 24 mai au 21 août 2006 au sein de la fondation Virlanie.
Sylvain Baudoin
Cologne, Allemagne
Le tagalog est la langue la plus parlée aux Philippines et principalement à Manille. Avant de partir, quelques bases sont nécessaires !
Voila, je vous montre ce qu'est le (ou la ?) Jeepney. C'est le moyen le plus efficace et moins cher pour se deplacer dans Manille. C'est tres bruyant et le nez dans les pots d'echappement des voitures, du delice !
Apres le "bilog" et la priere de vendredi soir, John-John a bien voulu m'ecrire le "Notre Pere" en tagalog, afin que je puisse le reciter avec eux la prochaine fois. Sur la photo, il est sur le capot d'une voiture de Virlanie et il ecrit cela tres minutieusement !
"Kuya Steban", c'est comme cela que les enfants de "Caress Home" m'appellent : je fais partie de la maison maintenant ! Ce matin, ils sont partis en "outing" a Batangas pour 3 jours. Batangas est la province sud de Luzon, l'ile sur laquelle est Manille. Ils peuvent ainsi voir autre chose que les rues dans lesquelles ils ont grandi.
Adrien, Benoit, Aurelie et moi avons enchaine sur la visite d'Intramuros, le vieux Manille, non loin du RAC. La curiosite nous a pousses a franchir les portes d'un mall, grande galerie commercante sur plusieurs etages et avec air conditionne. Les personnes que nous y croisons ne sont pas celles que nous venons de voir dans les rues...
Au sud d'Intramuros, c'est Rizal Park (tiens encore lui !), lieu de verdure (pas vraiment de calme) apprecie des Philippins. Il s'etend jusqu'a la baie de Manille. La aussi, ce pourrait etre un lieu romantique... mais des ordures en tout genre recouvrent litteralement la plage.
Aujourd'hui, le cimetiere chinois nous a ravis avec ses veritables maisons pour ses morts. Chaque samedi soir, les familles se retrouvent pour manger et festoyer sur la tombe de leurs aieux !
Juste cette image des enfants des rues de Manille qui rayonnent de joie ! Derniers sourires avant de partir a la ferme de Balayan dans la province de Batangas.
Taxi, Van puis Jeepney, ce sont les etapes obligatoires pour arriver a la ferme. Paysages magnifiques jusqu'a Balayan, petit apercu du lac Taal, et arrivee a Balayan ou tous les conducteurs de tricycles nous abordent : "Tricycle". Remarquons que nous sommes charges comme des mulets, j'ai du mal a croire qu'on puisse charger autant d'affaires sur une moto et son sitcar... Finalement, nous choisissons le Jeepney. Aurelie et moi sommes devisages comme des betes curieuses. Un blanc dans la region, ce ne doit pas etre tres courant. Mais ils nous sourient, et cela nous rassure. On s'agite beaucoup pour nous. Les valises sont dans les pieds de tous les passagers du Jeepney. Les autochtones trouvent cela plutot amusant et ils jouent avec les poignees... comme les enfants de Virlanie faisaient a notre depart de Manille ! Et nous sommes laches au milieu de nulle part. Ah, nous sommes arrives !
La ferme se trouve sur une butte au milieu des collines, et c'est la tout son probleme car les terrains sont sur ses flancs et le manque d'eau se fait cruellement sentir. C'est le probleme majeur de cette maison et Aurelie et moi sommes missiones pour trouver une solution durable et economique pour l'irrigation. Nous sommes un peu livres a nous-memes, et les Philippins attendent beaucoup de nous. Trop, surement, car il faut croire au miracle pour faire venir l'eau sur ce morceau de terrain. Un vrai defi technique. Nous apprehendons beaucoup que notre etude ne soit pas a la hauteur des esperances car nous ne savons rien sur le sujet.
La vous voyez l'un des garcons avec un varan dans les bras... ce n'est pas vraiment un animal de compagnie, mais je crois qu'ils comptent bien le manger. A la ferme, il y a un Tatay, et une Nanay (pere et mere), un oncle, un social worker, un PC (Program Coordinator) et 8 jeunes adultes (de 16 a 23 ans). Le projet tente de leur apprendre le metier d'agriculteur. La plupart du temps, ils parlent le tagalog, pas facile d'en placer une...
Pour rentrer a la ferme, nous allons surement reprendre un tricycle, c'est vraiment folklo !
Apres quelques nuits difficiles avec des cris d'animaux en tout genre (precisons qu'aux Philippines, le coq chante a n'importe quelle heure de la nuit ou de la journee...), notre integration au sein des "young adults" de la ferme est progressive. En plus de notre "etude" des sources aux alentours, nous essayons de nous joindre aux activites des jeunes. Nous tagalogons le plus possible. L'Anglais n'est vraiment pas leur fort.
Nous realisons a quel point le probleme de l'eau est crucial ici (eau = tubig, en tagalog). La ferme est batie sur une butte de terre seche et rocailleuse ! Quelle idee... Le Jeepney de la ferme doit s'approvisionner regulierement en eau a la pompe d'un "deep well" d'une voisine en remplissant ses bidons. Quelle contrainte ! La photo au-dessus est prise sur le toit de ce Jeepney au retour d'un approvisionnement... Les jeunes de la ferme vont prendre leur douche et faire leur lessive a la source de Saluysoy... a 500m de la maison ! Autant dire qu'a l'arrivee, la sueur fait deja briller leur peau...
A part ca, ce qui est marquant ici, c'est de voir combien les habitants sont curieux de voir des blancs. Sans gene, ils nous devisagent intensement (dans les Jeepneys par exemple). John, le Program Coordinator de la ferme nous explique que les Philippins ont un reel complexe d'inferiorite vis-a-vis des Occidentaux.
Ce week-end, direction le lac Taal et son volcan en son centre. Nous y rejoindrons Benoit et Adrien pour deux jours !
Et les enfants repondent "Yes, we are". Un "young adult" mene le benedicite. Il prononce une phrase et les autres la reprennent en choeur :
Bless us O Lord
With this thy gift
Which we are about to receive
From thy bounty
Thru Christ our Lord
Amen.
Quand j'ai demande a Cheng de me l'ecrire, j'ai ete stupefait de voir qu'il ne le connaissait pas vraiment et qu'il ne devait rien comprendre a ce qu'il recitait. En fait, ils recitent cela tous les jours, mais de facon approximative !
Ce week-end, nous etions sur l'ile de Mindoro avec Aurelie. Rien que pour nous rendre au port de Batangas City, il faut compter 3h en Jeepney (pour faire 50km...). Sur la route, l'un des Jeepneys a meme creve ! Mais ca ne pose pas de probleme au chauffeur, il a l'air d'avoir l'habitude et en 10 minutes, il avait change sa roue ! Ils sont etonnants ces Philippins ! Sinon, Mindoro, ce sont des plages couvertes de "resorts" (hotels) et de restaurants. Les bancas (ces bateaux typiquement philippins) debarquent leurs passagers sur le sable. Bienvenue sur l'ile des plaisirs... On y rencontre beaucoup d'occidentaux, souvent des hommes seuls, la cinquantaine. Supposons qu'ils passent leurs vacances ici pour les nombreuses possibilites de plongee sous-marine qu'offre cette ile... La prochaine fois que nous irons, je crois que je me programmerai une excursion sous l'eau ! J'ai bien fait d'avoir fait mon bapteme de plongee - en piscine - a Douai cette annee !
Lundi soir, c'etait l'anniversaire de mariage d'une voisine de la ferme. Elle travaille aussi pour Virlanie a Manille a la maison Marco Polo (c'est la Nanay). Bien sur, tout le village etait invite. Elle avait donc loue pour la soiree... une tele a karaoke ! Toute la soiree, les young adults de la ferme et les habitants du village se sont succede pour prendre le micro et chanter des chansons d'amour en Anglais ou Tagalog selon les gouts. Avec Aurelie, nous nous sommes essayes sur "Let It Be" en marquant l'honorable score de 53% de reussite (eh oui, le videoke indique le niveau de notre talent !). Nous avons vecu ce qu'est une vraie fiesta aux Philippines ! Et ils chantent sans complexe ! Ils ont vraiment la joie de vivre.
Hier, nous avons suivi les young adults dans leur facon de faire leur lessive. Nous sommes donc alles a la source de Saluysoy. Hum, vu l'odeur apres lavage, je crois que la prochaine fois, nous irons a la laverie...
Chaque matin, dès 5h, nous avons la chance de pouvoir profiter de l’odeur des sardines grilles… Je vous assure qu’il y a des fois où manger du kánin (riz) accompagné d’isdâ (poisson) est une rude épreuve ! Mais hier soir, c’était particulier car c’était l’anniversaire d’Aurélie. Et qui dit anniversaire, dit… spaghettis bien sûr ! Après tout, ce n’est pas idiot et c’est même délicieux des nouilles, surtout quand en temps normal nous dégustons du riz matin, midi et soir. Aurélie, en bretonne militante s’était proposée pour faire des crêpes, mais elle a fait ce qu’elle a pu avec les moyens du bord ! En tout cas, les young adults ont beaucoup apprécié ! Magandang kaárawán, ate Lili ! Au menu aussi, du lézard (oui, le fameux lézard), et ça, c’est vraiment délicieux, surtout épicé. La bouche pleine, Arnold, le « social worker » de la ferme me disait discrètement : « Lezard is symbol of fertility in the Philippines ! Eat more, it’s good for men ! »
Avec les young adults et parce que c’était un jour spécial, nous sommes allés prendre un bain de mer (plus chaud qu’en Bretagne cette fois-ci). Rien que le trajet sur le toit du Jeepney était excellent, et les young adults adorent ! Ne pas oublier de s’allonger quand les branches des arbres sont basses ! Sur la plage aussi, ce n’est pas les vidéokés qui manquent et nous marquons 91% sur Lemon Tree ! Cela nous fait un bon entraînement aux trois jours d’« outing » que nous aurons la semaine prochaine avec toute la ferme sur cette même plage.
Kuya Estevan