Navotas et la rivière noire

Publié le par Sylvain

J'ai l'impression d'avoir débarqué hier aux Philippines. J'ai l'impression d'avoir découvert aujourd'hui un tout nouvel univers. Avec Constance (compagnon de Chaville), je me suis rendu à Navotas cet après-midi rendre visite à la soeur Anne que nous avions rencontrée le 14 juillet dernier lors de la réception de l'ambassade de France. La soeur Anne oeuvre depuis deux ans dans le bidonville de Navotas. Elle a fondé sa propre congrégation (les Soeurs de la Bonne Nouvelle) dont l'esprit est issu d'ATD Quart-Monde et elle vit seule, entourée de quelques volontaires.

Navotas est d'un tout autre contexte que Makati, là où agit Virlanie. C'est un immense bidonville au bord de mer, et entouré par un bras de mer. En ce moment, le quartier doit faire face aux marées, donc les rues sont inondées pendant une grande partie de la journée. Nous avons accompagné les volontaires dans leurs activités auprès des enfants. Actuellement, ils traitent chaque jour d'une partie de l'histoire de Moise avec des coloriages, des collages, de la peinture, du bricolage... Les enfants qui participent à ces activités vivent dans leur famille, mais ils sont d'une extrême pauvreté. Contrairement aux enfants de Virlanie, ils sont très calmes et ne réclament pas de câlins, ni de caresses, certains évitent même tout contact. Ils viennent volontairement à ces activités de catéchisme adapté à leur âge. La soeur Anne explique d'abord l'histoire en tagalog, puis elle laisse les volontaires avec les enfants. Les "Kuya Esteban" remplacent vite les "Jesus-Christ" dus à ma barbe... ;-) Pour les activités, nous nous trouvons sur une bâche, au bord de la rivière, entre des containers de marchandises de cargot. Le temps que je passe avec eux est très serein, très posé. Nous dessinons et découpons des paniers d'osier, dans lesquels nous collons des morceaux de cotons (bulak en tagalog) pour symboliser la manne du désert (ilang). Chacun signe son dessin au dos en écrivant ou en faisant écrire son nom (pangalaan). Ils sont fiers et heureux de leur oeuvre, c'est très touchant. Sourires radieux. Les volontaires nous racontent que quand ils doivent dessiner une rivière, les enfants prennent un crayon noir, à l'image de la rivière qui traverse le quartier où des odeurs d'ordure et de poisson planent en permanence ! Puis chaque enfant retourne chez lui en nous remerciant. Je reviens comblé ce soir, après une telle expérience.

Publié dans Philippines

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événements poker 24/07/2008 15:00

très bon blog bone continuation