Séjour aux Philippines du 24 mai au 21 août 2006 au sein de la fondation Virlanie.
Sylvain Baudoin
Cologne, Allemagne
Les anciens volontaires seront peut-être un rien nostalgique en lisant cet article... Pour les autres, découvrez la filippino attitude !
Jeepney
Distinguons deux cas : le jeepney de campagne et le jeepney de Manille. Un jeepney de campagne démarre quand les banquettes sont toutes occupées, ce qui implique un temps d’attente variable (de 5 min à 1h !). Mais si vous avez vraiment la filippino attitude, vous n’êtes pas à cheval sur les horaires... En revanche, à Manille, les rues grouillent de jeepneys et de taxis blancs, difficile de les manquer. Je vous rappelle les consignes élémentaires : pour payer, on dit « bayad po », pour demander l’arrêt, dire « para po ». Vos Pesos passent de main en main jusqu’au chauffeur, qui tout en conduisant, cigarette dans la main droite, billets soigneusement pliés et coincés entre les doigts de sa main gauche, vous fait le change (et là, les pièces font le trajet inverse jusqu’à vous). Oui, le jeepney driver est extrêment qualifié, il fait beaucoup de choses à la fois. Mais n’ayez crainte, le chapelet et les pieuses icônes qui ornent son tableau de bord (c’est une facon de parler, je n’ai jamais vu de cadran de vitesse dans un jeepney) sont là pour vous protéger. Très souvent, une écharpe « God bless our trip » est suspendue sur la moitié du pare-brise (si ca n’augmente pas la visibilité, ca permet de rappeler aux passagers que seule la foi peut les sauver. D’ailleurs, un signe de croix rapide ou une petite prière avant le départ renforcera votre filippino attitude...
A Balayan, le chauffeur attend que son jeepney se remplisse en jouant aux cartes et en pariant de l'argent.
Cellphone
Les Philippines ont beau être un pays en voie de développement, le téléphone portable est omniprésent. A croire que l’on pourrait leur greffer un portable à la naissance. Les Philippins envoient des textos à longueur de journée. L’autre jour, c’était la saint Jean à Balayan. Tout le monde était trempé. Mais le Philippin, lui, il avait prévu le coup ! Qu’à cela ne tienne, il emballe son portable dans un sac en plastique et ca vous fait un cellphone waterproof. La classe, hein ?
Au jour le jour
Les Philippins achètent tout au détail. Le long des rues, dans les sari-saris vous pouvez vous approvisionner en sachet individuel de lessive ou de shampoing. Les Philippins voient les choses à court terme. Demain sera un autre jour (la maison est petite et le salaire sera peut-être différent).
Télévision
Mon séjour à la ferme m’a permis de faire connaissance avec la chaîne unique qu’elle arrive à capter : Patrol TV. Je crois que le jeu télévisé Deal or no deal va me manquer maintenant que je suis à Manille. Deal or no deal, présenté par l’animatrice vedette de la chaîne, est en fait le jeu des valises d’argent (de 1 Peso à 2 million de Pesos) que l’on doit éliminer une par une. On garde la dernière et un « banker » fait monter les enchères. Ce jeu rencontre un succès phénoménal, c’est fou. Suivent les séries télévisées à l’eau de rose qui tiennent en halène tout le staff et les enfants réunis. Enfin, il n’est pas rare que les publicités coupent plusieurs fois le programme ! Mais c’est l’occasion pour les enfants de chanter ensemble les slogans publicitaires qu’ils connaissent par coeur ! Chanter, cela fait partie de la filippino attitude !
Pool
Les Philippins sont des fans de billard, mais aussi de pool. Près de la fondation, des gens des rues y jouent, la table de jeu est sur le trottoir. Le pool, c’est comme le billard, sauf qu’à la place des boules, ce sont des palets glissants. Ca marche tout aussi bien ! L’autre soir, un Philippin m’a invité à l’affronter ! C’était sympathique. Ma victoire est le résultat d’entraînements assidus à la maison des élèves à Douai...