Dimanche 25 juin 2006
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Comment vous décrire cette journée ? C’est indescriptible… Balayan, le jour de la saint Jean, c’est l’événement de l’année ici ! Dans les rues, des drapeaux et des banderoles annonçaient déjà l’événement depuis plus de deux semaines – et je tiens à remercier
San-Miguel, la bière nationale et
Globe, l’opérateur téléphonique, qui sont les deux entreprises omniprésentes aux Philippines et qui sponsorisent entièrement cette fête.

Mais qu’est donc la saint Jean ? Pour commémorer le baptême du Christ par Jean-Baptiste, la tradition veut que les foules soient aspergées. Alors, joyeusement, les Philippins s’envoient de l’eau dans les rues de la ville ! Certains poussent le plaisir au point de préparer de l’eau glacée !
Brrr… Tout cela me faisait penser au film
Les gendarmes et les extraterrestres avec Louis de Funès (
petit clin d’œil à Eloi) quand pour discerner les extraterrestres des humains,
Cruchot utilise des tuyaux d’arrosage sur la foule. Mais aux Philippines, pas d’extraterrestres a priori et la foule ne s’enfuit pas en courant ! En tant que blancs, inutile de vous dire qu’Aurélie et moi étions des cibles privilégiées…
Mais que serait la saint Jean sans sa parade du cochon grillé (
parada ng lechon) ? Près de 100 jeeps et tricycles ont défilé dans les rues de Balayan arborant fièrement leur lechon (cochon grillé sur un bambou). C’est à celui qui aura le cochon le plus excentrique, car tous les déguisements sont permis. C’est d’un
kitsch !

La journée est animée par des concerts et par des bières. Et le soir, grand spectacle dans le gymnase de Balayan. Les artistes se succèdent sur la scène pour des danses, des sketches, des acrobaties ou encore des chansons. Une ravissante Philippine s’apprête à chanter quand elle demande un volontaire pour l’accompagner. Je n’ai pas bien compris ce qu’il se passait, mais toujours est-il que j’ai été propulsé sur la scène, désigné d’office par tous les spectateurs. Seul étranger face à un millier de Philippins, ça met mal à l’aise, je peux vous l’assurer. Aussitôt après avoir revêtu un tee-shirt
San-Miguel, me voilà partenaire d’une danse avec une jeune fille dont je ne connais même pas le prénom. En revanche, tout Balayan sait que je m’appelle Esteban (n’aurais-je désormais plus droit aux traditionnels
« Hi, Joe » ?). J’épate ensuite l’assemblée avec mes trois mots de Tagalog (
« Marunong akong mag salita nang Tagalog kaunti ») et je rejoins Aurélie évidemment considérée comme
my wife (prononcer
« ouaïpe ») par les Philippins. Pendant ma prestation, ceux-ci l’ont également dévisagée afin de voir si elle aurait laissé paraître un quelconque signe de jalousie… Tous les
young adults de Virlanie se sont montrés admiratifs (et envieux) devant la chance que j’ai eue de pouvoir monter sur scène ! (il y a un an, c’était
Kuya Vincent, un autre volontaire de Virlanie qui était monté sur scène lors du spectacle de la saint Jean !!!)
Journée mémorable que je ne suis pas prêt d’oublier (phrase d'une logique implacable...). Mais quand même, les Philippines, quel curieux pays !
Des enfants portent des pistolets a eau
Les passagers des tricycles n'echappent pas a la regle...
Trempés, oui, mais en bonne compagnie..